Le PTB ne votera pas la déclaration de politique du logement

Le PTB ne votera pas la déclaration de politique du logement

Le PTB ne votera pas la déclaration de politique du logement présentée par la majorité lors du conseil communal du lundi 1er Juillet

C'est ce lundi 1er juillet que le collège présentera sa déclaration de politique du logement. Le PTB ne la soutiendra pas. Pourquoi? Le PTB estime qu'une politique du logement doit partir des besoins de la population. L'année dernière, la section herstalienne du PTB a lancé une grande enquête auprès de 900 Herstalien.ne.s et le logement en est ressorti comme l'une de leurs principales préoccupations.

Entre 2014 et 2018, le nombre de logements sociaux a diminué de 160 unités. Il faut changer de cap pour répondre à l'urgence sociale!

Herstal est l'une des communes les plus pauvres de Wallonie. La liste d'attente pour un logement social dépasse les 500 demandes. Nadia Moscufo, conseillère communale PTB : "La SRL prétend vouloir créer 149 logements entre 2017 et 2019. Nous attendons de voir, mais quand on sait que pendant la législature précédente (2012-2018), le nombre de logements sociaux a diminué de 160 unités... Franchement, nous sommes sceptiques. Dans tous les cas, il ne s’agira à peine que d’un rattrapage par rapport à ceux qui ont été perdus.»

Quelle est donc l'alternative pour les familles? Selon le PTB, 2ème parti de la ville, cette déclaration d'intention ne va pas résoudre le problème. Nadia Moscufo : "Le parc locatif privé n'est pas une solution, quand on sait que le prix moyen d'un loyer s'élève à + de 600 euros par mois. Ce n'est pas Claudine, qui travaille à temps partiel dans les titres-services et qui élève seule ses 2 fils qui peut se permettre un tel loyer. Ni Bertrand, qui a été exclu du chômage suite aux mesures du gouvernement Di Rupo (1999- 2014), mesures aggravées par le gouvernement Michel (2014-2019). Ce n'est pas tenable non plus de louer un logement privé pour Abdel, qui travaille les nuits chez TNT, 20h/semaine, avec un salaire de 1300 euros par mois. Il n'y a pas photo, le coût du logement est l'une des causes de la pauvreté, comme le dénonce également le réseau de lutte contre la pauvreté."

Une politique du logement pour répondre aux besoins et pas pour enrichir les agences immobilières

"Dans sa déclaration, la majorité partage ces constats et considère que leur politique peut y apporter une solution. Nous avons plus que des doutes là-dessus, car quand on lit bien entre les lignes, le fil conducteur de la vision de la politique du logement de la ville est la même logique qu'appliquent toutes les villes d'Europe, et elle est dictée par les directives européennes, à savoir : vendre la ville à des privés qui construiront des logements, certes, mais des logements que peu de Herstalien.ne.s pourront acquérir. La logique derrière cela est d'attirer des nouveaux ménages à "Haute Capacité Contributive", entendez des ménages qui travaillent à 2 et qui savent (encore pour le moment) s'acheter un logement. Evidemment, ces ménages ont le droit d'être logés, mais la question reste entière : où allons-nous loger les familles avec des bas salaires? Faut-il rappeler que pour acquérir un logement, il est nécessaire d'avoir un CDI (Contrat à durée indéterminée) et que ce type de contrat n'est clairement plus la généralité pour le moment?" explique la conseillère communale.

Il faudra désobéir aux directives européennes qui empêchent toute politique sociale, aussi en matière de logement

Dans la déclaration, il est fait référence au Master Plan. Nadia Moscufo : "Leur fameux Master Plan, un projet pharaonique à long terme pour les 10-15 et 20 ans à venir, avec des travaux d'une grande ampleur : réaménagements, construction de nouveaux logements, de commerces, etc... Un projet qui reflète la vision qu'a la majorité sur l'avenir de notre ville. Vraiment pas de quoi se réjouir. Une vision purement libérale tout à fait dans la lignée des directives européennes."

Pour le PTB, c'est clair, ces directives européennes empêchent toute politique sociale aussi dans nos villes. C'est la raison pour laquelle il veut une vraie rupture avec les politiques menées jusqu'à présent et propose de désobéir à ces directives, sans quoi, c'est la politique de la continuité qui sera d'application. Et le PTB voit dans la pratique les dégâts sociaux que cela produit. Pour rappel, ces directives ont été votées par l'ensemble des partis représentés au parlement européen, dont le PS.  

Le PTB a une toute autre vision de la ville

Dans son programme communal, en matière de logement social, le PTB s'inspire de ce qui se passe à Vienne, des habitations SMART où l’on a consciemment opté pour des logements compacts, à bon marché. Nadia Moscufo : "Les gens ont voté pour nous pour un vrai changement et nous allons respecter cela. Nous défendons la création de 50 à 60 logements sociaux par an pendant 3 législatures afin de pouvoir répondre aux demandes et à l’évolution démographique. Nous préconisons la mise sur pied d'une coopérative communale du logement qui s’occupera elle-même de la construction, de la rénovation et de l'isolation des logements sociaux et publics. Nous exigeons dans les projets de nouvelles constructions dans lesquels la ville est partenaire, un minimum d’un tiers de logements sociaux."

Quand bien même le parti de gauche pourrait soutenir certaines parties de la déclaration de la majorité, comme par exemple la mise sur pied d'un cadastre des logements inoccupés, il votera contre. Nadia Moscufo : "Nous n'allons pas soutenir cette déclaration car pour répondre à l'urgence sociale, nous voulons que la ville change radicalement de cap et qu’elle prenne elle-même les rênes du marché immobilier sur son territoire."

Vous pouvez consulter l'ensemble du programme du PTB Herstal sur le logement sur https://herstal.ptb.be/programme


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  • Arnaud Vandepaer
    a publié cette page dans Actualités 2019-07-01 14:37:49 +0200

Prêt.e pour la grande vague du changement social ?