Proposition de motion relative au soutien de la grève des femmes du 08 mars 2019

Proposition de motion relative au soutien de la grève des femmes du 08 mars 2019

Proposition de motion relative au soutien de la grève des femmes du 8 mars 2019 (déposée par le PTB)

Considérant que malgré l'égalité proclamée entre les femmes et les hommes, les femmes sont confrontées encore et toujours à de nombreuses difficultés et discriminations.

Considérant que les femmes doivent assumer généralement plusieurs journées chaque jour: une journée de travail, où il faut toujours être plus flexible et disponible ; la grande part des tâches ménagères ; ainsi que le soin aux enfants et aux personnes âgées de leur famille.

Considérant que les femmes sont notamment en charge de 80% des familles monoparentales.

Considérant que les femmes restent encore aujourd'hui économiquement plus précaires que les hommes. Qu’elles doivent se contenter de temps partiels souvent non volontaires. Que la différence de salaire entre hommes et femmes est encore de 20%. Que les femmes bénéficient dès lors en grande majorité d'une pension plus faible que les hommes : 59% d'entre elles sont en dessous du seuil de pauvreté. Que, par ailleurs, les femmes sont régulièrement victimes de discriminations dans l'accès à l'emploi. Cette situation ne permet pas aux femmes d'être économiquement indépendantes et est un frein pour s'impliquer dans une vie publique, artistique ou sportive épanouissante.

Considérant que les femmes sont majoritaires parmi les victimes de violences intrafamiliales et sexuelles : 1 femme sur 3 est victime de violence de la part de son conjoint ou un membre de sa famille, 1 sur 4 a été forcée à avoir un rapport sexuel avec son conjoint. De même, dans l'espace public, les femmes sont malheureusement encore trop souvent l'objet tant de remarques sexistes que de faits de violence ou de harcèlement sexuel.

Considérant que les femmes ne se laissent pas faire et que des mouvements féministes se développent dans de nombreux pays pour réclamer une réelle égalité. Ainsi, en Espagne, en 2018, une grève générale a rassemblé 5 à 6 millions de femmes. En Inde, en janvier dernier, 5 millions de femmes ont formé une gigantesque chaîne humaine afin de défendre leurs droits contre une fronde des conservateurs religieux. En Belgique aussi, les femmes se mobilisent afin de combattre les violences faites aux femmes, exiger plus de services publics, des pensions décentes et la fin des discriminations.

Considérant qu'un appel à la grève est lancé pour le 8 mars prochain et invite toutes les femmes à cesser leurs activités afin d’envoyer un message fort à toute la société: “si les femmes s’arrêtent, le monde s’arrête”. Que cet appel est soutenu par plusieurs centrales syndicales qui ont déposé un préavis de grève.

Considérant que le niveau communal a la possibilité de relayer et soutenir l'appel à l'action du 8 mars.

Considérant que le niveau communal a des leviers directs pour répondre à des besoins urgents et concrets pour les femmes.

Considérant que malgré l’extension de notre crèche communale, augmenter le nombre de places en crèche sur le territoire de la commune reste une priorité. Car tant qu'il n'y aura pas suffisamment de places disponibles et que celles-ci ne sont pas financièrement accessibles, il est illusoire de croire que les femmes pourront réellement décider d'envisager une activité professionnelle, surtout durant les premières années de vie de leurs enfants. Les conséquences se font alors sentir tout au long de leur vie, que ce soit dans les difficultés de trouver un travail par la suite, ou l'obligation d'accepter des temps partiels, et donc de se résoudre à une mauvaise pension.Considérant qu’en matière de violences conjugales, notre ville a connu un terrible drame avec le double meurtre d’une jeune femme et de sa mère au mois de mars 2018.

Considérant que la Ville peut également agir concrètement dans l'aide aux femmes victimes de violence par la création d'un lieu d'aide et d'accueil d'urgence pour les femmes victimes de violences intrafamiliales. Car la majorité des violences ont effectivement lieu dans le cadre de la famille et les femmes victimes qui tentent d'y échapper font face à de nombreux obstacles en matière d'hébergement, particulièrement les plus précaires d'entre elles. Actuellement, ces lieux d'accueil d'urgence font défaut dans de nombreuses communes, notamment à Herstal.

Le conseil communal de Herstal réuni en sa séance du 25 février 2019, décide :

  • de relayer l'appel à la grève du Collectif 8 mars et de soutenir les travailleur.se.s de la Ville en grève à cette occasion;
  • d’étudier la mise en place d’un lieu d'accueil d'urgence dans un bâtiment géré par la Ville et permettant d'héberger des femmes victimes de violence

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